Il suffit de se promener sur les rives du Nil pour voir le beau bâtiment mythique de l'Union de la Radio et de la Télévision, appelé par la grande majorité des Egyptiens « Maspero » ou encore « Al-Tilivizioune ». Témoin d'un passé glorieux et de la suprématie des médias égyptiens dans le monde arabe, l'énorme bâtiment capte les regards et continuent à faire rêver.
Il demeure un cap à franchir pour devenir un acteur ou un chanteur officiel. « Maspero » est devenu au fil des années non pas seulement un lieu, mais plutôt un rêve, un symbole de grandeur et de fierté. Le Progrès Egyptien vous propose un petit tour dans les coulisses de Maspero.
Un lieu chargé d'histoires, de secrets et de mystère. C'est en ces mots que l'on peut décrire parfaitement « Maspero ». C'est l'emblème de la république : le premier endroit dans le monde arabe à avoir eu des studios, des caméras, des heures de diffusion en direct. Quand on parle de «Maspero», on se rappelle de toute notre enfance : les fameuses devinettes de Nelly ou Chérihane qui étaient une grosse production ramadanesque attendu par le monde arabe en entier. C'est aussi le lieu qui a assisté à l'annonce de la fin du régime de Hosni Moubarak, le 11 février 2011.
C'est également l'endroit qui ait le plus grand archive cinématographique et télévisé du Monde arabe et du Moyen-Orient. C'est d'ailleurs ce qui a encouragé les responsables à mettre en place dans l'énorme hall du bâtiment les premiers micros, la maquette ainsi que les premières caméras utilisées par la radio et la télévision égyptiennes. Autant d'outils hors pair qui font du hall un micro-musée qui vous transporte dans le temps et qui vous fait voyager comme si vous avez fait bond bon au début du vingtième siècle.
C'est ce qui a également poussé les responsables il y a quelques années a annoncé le lancement de la chaîne « Maspero Zaman » ou «Maspero d’antan » qui a déjà diffusé ces premières heures jeudi. L’objectif est avant tout de rappeler aux jeunes générations la gloire de «Maspero » qui est le nom donné communément au siège de l’Union de la Radio et de la Télévision. Au menu de cette nouvelle chaîne, une lecture coranique pour la voix suave et inoubliable du Grand Cheikh Mohamed Refaat, des films noirs et blancs, des feuilletons anciens, des programmes, des anciens matchs. Tout le patrimoine télévisé de l’Egypte sera ainsi exploité.
L’Union de la Radio et de la Télévision est communément appelé Maspero. Elle doit son nom à la rue où elle se trouve. Cette dernière doit son nom à Gaston Camille Charles Maspero qui est un égyptologue français et membre de l’Académie des belles-arts (1883). Après l’altération de la santé d’Auguste Mariette à qui l’Egypte doit le musée égyptien de Tahrir, Maspero continue son œuvre.
Après la disparition de Mariette en janvier 1881, Maspero prend sa succession à la direction du Service des antiquités et du musée de Boulaq, au Caire. Il découvre en 1881 à Saqqarah les Textes des Pyramides, textes religieux et rituels, qui avaient pour fonction d'aider le mort à accomplir le passage funéraire. Ces textes concernent plusieurs pharaons, notamment Ounas, Pépi Ier et Pépi. D'autres textes funéraires sont trouvés dans la pyramide de Menrêr Ier. Au début de 1886, Maspero conduit les travaux de désensablement du Sphinx de Guiza, tandis que quatre habitants de Gournah, fouillant à Deir El-Médineh, trouvent un puits d’accès à une tombe; Maspero pénètre dans le tombeau de Sennedjem, un fonctionnaire ramesside. Les découvertes sont acheminées vers le musée de Boulaq et à l'École des hautes études. Il est rappelé en Égypte en 1899, et y reste alors jusqu'en sa retraite en 1914. Il dirige le déménagement du musée d'égyptologie - entre-temps transféré au palais de Giza de 1889 à 1902 — c'est la création du musée égyptien du Caire. L’inauguration officielle a lieu en novembre 1903.